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Comme l'ont montré ces dix dernières années, Ben Laden n'est pas seulement connu pour jeter des paroles en l'air, mais apprécie particulièrement le passage à l'acte. C'est pour cela que les multiples déclarations qu'il a adressées à la presse doivent être pris avec le plus grand sérieux, en particulier celles qui expriment sa volonté de se doter de l'arme nucléaire. De fait, de nombreuses tentatives islamistes pour s'emparer d'armes ou de matériel nucléaire ont été signalées au cours des années 1990.
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Qu'un groupe terroriste tente de se doter de l'arme nucléaire n'est pas une invention d'Al Qaeda. C'est ainsi que M. Lee, président de Global Advisory Services, Inc, une agence internationale de conseil politique, affirme avoir eu entre les mains une lettre de 1991 faxée par le Jihad Islamique au centre de recherche nucléaire russe Arzamas-16 proposant l'achat d'une arme atomique. En 1993, le directeur de ce centre révéla que les représentants du Jihad avaient offer $2 millions pour une tête atomique.
La plupart des experts s'accordent à penser que le réseau de Ben Laden tenta d'acquérir des armes nucléaires et des matériaux nucléaires à partir de 1993. A cette date, en effet, il donna pour consigne à certains de ses lieutenants (notamment un certain Mamdouh Mahmud Salim) d'obtenir de l'uranium hautement enrichi pour développer de petites bombes nucléaires.
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Un beau jour de 1996, un Soudanais entra à l'ambassade des Etats-Unis, et demanda à voir un responsable, affirmant qu'il avait un secret concernant la sécurité nationale des Etats-Unis : "ils veulent faire la guerre à votre pays!". Après l'avoir entendu, le FBI l'emmena au Etats-Unis afin qu'il puisse bénéficier du programme fédéral de protection des témoins. L'homme devint alors CS-1 : la Source Confidentielle No 1 - qui coûta au gouvernement fédéral près d'un million de dollars.
Ce Soudanais, Jamal Ahmad al-Fadl était un ancien d'Al Qaeda, et s'était retrouvé en mauvaise posture quand l'organisation lui demanda de rembourser l'argent qu'il avait détourné au cours de transactions douteuses : il n'avait plus de quoi payer. Sentant la chance tourner, il se rendit à l'ambassade pour avouer ce qu'il avait vu. Fin 1993 ou début 1994, il avait assister à un bien étrange marchandage dans une usine de Khartoum. Un des responsables d'Al Qaeda voulait y acheter de l'uranium hautement enrichi pour une somme de $1,5 million. Al-Fald vit un cylindre de 70-80 centimètres de haut, avec un numéro de série et une inscription certifiant l'origine : Afrique du Sud. Les hommes se séparèrent, et il n'assista plus à la transaction. On lui dit simplement qu'elle avait été effectuée, et que le cylindre d'uranium allait être testé dans une ville de Chypre.
Al Qaeda fit d'autres tentatives de se procurer du matériel fissile. En septembre 1998, l'aide de Ben Laden, Mamdouh Mahmud Salim fut arrêté à Munich, en Allemagne, et fut poursuivi pour avoir tenté d'obtenir des matériaux nucléaires pour son organisation au milieu des années 1990.
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Selon certains, Ben Laden aurait également exploré la possibilité d'acquérir directement des armes nucléaires.
En mai 1998, Curt Weldon, membre du Congrès Américain, recontra le général Alexandr Lebed, ancien Secrétaire du Conseil National de Sécurité en Russie. Lebed indiqua que des 132 "bombes portables" fabriquées en Russie, 48 avaient été inventoriées, le reste étant manquant. Ce matériel, utilisable par une personne, a une charge explosive d'une kilotone, capable de dévaster un centre-ville sur un rayon de 500 mètres et de tuer 100.000 personnes. Il fut fabriqué par le KGB, afin d'être utilisé lors d'un éventuel conflit mondial.
Dans un article paru dans le Jerusalem Report en 1999 (http://www.cdn-friends-icej.ca/isreport/septoct99/binladen.html), Youssef Bodansky, directeur du Comité sur le Terrorisme et la Guerre Non-Conventionnelle et de l'International Strategic Studies Association, affirme que les associés de Ben Laden ont pu acquérir une vingtaine de ces bombes portables en Tchétchénie, en échange de 30 millions de dollars et de 2 tonnes d'héroïne (valant $70 millions en Afghanistan et $700 millions en Occident). Les services secrets militaires israëliens ont par ailleurs affirmé que Ben Laden avait payé plus de £2 millions à un intermédiaire du Kazhakhstan pour qu'il lui remettre une bombe nucléaire portable dans les deux ans. (Marie Colvin, "Holy War with US in his Sights," Times, August 16, 1998) Apprenant cela, le gouvernement israëlien dépêcha des émissaires afin d'éviter la transaction.
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En vain? En effet, le 6 octobre 1998, le journal arabophone Al-Hayat, basé à Londres, déclara que Ben Laden avait réussi à s'emparer d'armes nucléaires. Information reprise par le magazine arabe Al Watan Al Arabi, qui annonça que Ben Laden avait au moins essayé d'acquérir de telles armes ("Report Links Bin-Laden, Nuclear Weapons," Al-Watan Al-Arabi, 13 novembre 1998). Se fondant sur des sources du renseignement russe, l'article confirma la présence de liens entre Al Qaeda et le crime organisé de diverses Républiques ex-soviétiques en Asie Centrale et dans le Caucase. Lors d'une entrevue à Grozny, en Tchétchénie, des agents de Ben Laden et des figures de la mafia locale effectuèrent la transaction précitée : $30 millions et deux tonnes d'opium contre environ 20 têtes nucléaires. Après avoir récupéré les têtes, les ingénieurs de la Qaeda les démantelèrent pour les transformer en "bombes nucléaires instantanées" ou "bombes portables." Il s'agissait de transformer le matériau fissile en une source plus active, avec laquelle produire une fission à réaction à partir d'une plus petite quantité de matériau, afin de le placer dans un paquetage plus petit qu'un sac à dos.
La source de l'article précisa que l'équipe scientifique de Ben Laden était composée de cinq physiciens nucléaires du Turkménistan et que le chef de l'équipe avait commencé à travaillé sur le site nucléaire Irakien, avant qu'il ne fut détruit par l'aviation israélienne. Par ailleurs, Ben Laden aurait payé des centaines d'ingénieurs atomiques de l'ex-Union Soviétique à des salaires mirobolants : $2.000 par mois, soit bien plus que dans leurs anciens pays. On note au passage la puissance des infrastructures scientifiques d'Al Qaeda, qui entendaient par ailleurs construire les plans d'un avion de chasse supersonique, la Goule d'Aladin, qui aurait été produit par le Pakistan.
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Cette transaction aurait donc eu lieu courant 1998. Or, si vous vous rappelez bien, c'est précisément à la fin de 1998 que Ben Laden commença à faire des déclarations ambiguës concernant la bombe atomique. C'est qu'il avait bien du mal à dissimuler sa satisfaction. Les années suivantes furent visiblement consacrées à la mise en place d'un plan de grande envergure, destiné à entraîner les Etats-Unis dans une longue guerre, et à faire basculer le monde dans le chaos et la destruction. L'effort financier relatif à ses informations fut sans doute considérable, et s'intensifia à la fin 1998. A cette époque, en effet, Ben Laden envoya des émissaires dans les champs de pavots afghans pour en acheter le plus possible et les revendre à prix d'or à l'étranger. Volonté de destruction, récupération des meilleurs ingénieurs et scientifiques d'Asie Centrale, puissance financière colossale : Ben Laden avait toutes les cartes en main pour faire commencer le nouveau millénaire à sa façon.
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Le Cheikh américain d'origine libanaise Hisham Kabbani, musulman modéré (on serait tenté de dire musulman tout court, tant l'extrémisme contrevient aux valeurs véhiculées par toute religion), fondateur du Conseil Suprême Islamique d'Amérique (ISCA) et détenteur d'un diplôme, donna en janvier 1999 un vigoureux avertissement au Département d'Etat américain : des centaines d'extrémistes islamistes se seraient infiltrés dans des mosquées, des groupes communautaires et estudiantins musulmans. Ils auraient fait pénétrer sur le territoire américain un certain nombre de têtes nucléaires disposées dans des attachés-case. Il ne fut pas pris au sérieux. La presse américaine le prit pour un dangereux alarmiste et les autres organisations musulmanes se détournèrent de lui - il dut même recevoir la protection du FBI.
Son message était pourtant clair : "Nous voulons avertir les gens d'être très prudents, que quelque chose de très important peut nous frapper rapidement parce qu'ils ont réussi à acheter plus de 20 têtes nucléaires atomiques de membres de la mafia dans l'ex-Union Soviétique. Le plus grand danger vient des Universités. Si les têtes nucléaires atomiques atteignent ces universités, vous ne savez pas ce que ces étudiants peuvent faire, car leur esprit est endoctriné, limité et étroit."
Au lendemain des attaques du 11 septembre, il fit un retour en force sur la scène médiatique américaine. Se réclamant du "jihad de la parole", il recommanda aux Musulmans de dénoncer les extrémistes. Après avoir passé un mois dans 114 mosquées des Etats-Unis, il en revint effaré : selon lui, 90% des mosquées américaines auraient été noyautées par les intégristes.
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Al Qaeda : du matériel nucléaire transité d'Europe au Mexique
Selon un article du Time publié en novembre 2004, un ancien membre d'Al Qaeda nommé Sharif al-Masri (Sharif l'Egyptien) a été capturé en août 2004 au sud de l'Afghanistan. Ayant fait défection, il aurait cherché à rejoindre sa famille en Iran. Interrogé par les Américains, il a affirmé qu' Al Qaeda voulait « déplacer du matériel nucléaire d'Europe aux Etats-Unis ou au Mexique.» Al Qaeda, en effet, selon lui, étudiait la façon de « faire entrer en contrebande du matériel nucléaire au Mexique, afin que des agents les fassent entrer aux Etats-Unis. » On remarque qu'il est fait allusion à des armes nucléaires déjà prépositionnées sur le sol européen, ce qui confirme d'autres sources. Interrogé par le journaliste Terence Jeffrey, un responsable gouvernemental américain a fait remarquer que Sharif était un 'intermédiaire' et que les renseignements obtenus n'avaient pas été suffisamment précis relativement à la nature des armes déplacées, aux détails du plan ou aux possibilités de sa réalisation. Il a ajouté que l'entretien n'avait pas eu lieu en août 2004, mais un an ou un an et demi auparavant, et que « ce n'est pas la seule information allant en ce sens que nous ayons eue ». Le vol récent d'un avion d'épandage près de San Diego, susceptible de servir à répandre des produits chimiques ou bactériologiques vient confirmer ce faisceau de preuves indiquant qu'al Qaeda entend de faire du Mexique une base arrière. En août 2004, le département d'Etat américain a lancé une alerte au Mexique avertissant les autorités que l'agent d'al Qaeda Adnan el-Shukrijumah, appelé « le prochain Modammed Atta »(le chef des attaques du 11 septembre) par le FBI, pouvait essayer de s'infiltrer aux Etats-Unis par ce pays. $5 millions sont offerts pour toute information conduisant à sa capture. Début novembre 2004, le secrétaire du Homeland Security, Tom Ridge, a rencontré ses homologues mexicains pour mieux coordonner la lutte antiterroriste. Déjà quelques temps auparavant, des rapports circulaient relativement à des projets d'al Qaeda de faire entrer des armes de destruction massive (NBC) aux Etats-Unis par le Mexique. En 1996, 254 millions de personnes, 75 millions de voitures et 3,5 millions de camions sont entrés aux Etats-Unis par le Mexique et, aux 38 points d'entrée, pas plus de 5% de ce total fut inspecté.