« Aurore noire »
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A la suite des Américains, les Européens envisagent depuis quelques années la possibilité d'une attaque nucléaire terroriste sur leur sol.
Lors d' une conférence s'étant déroulée en 2002 à Londres, le chef de la police antiterroriste britannique, David Veness et le patron d'Europol Jürgen Storbeck ont tous deux estimé qu'un attentat nucléaire visant l'Europe ne serait plus qu'une question de temps. "Nous parlons d'attaques qui feront de nombreuses victimes. Cela représente une étape que nous pouvons tous anticiper", a indiqué Veness à Londres. "Depuis le 11 septembre, nous devons compter sur une menace de type CBRN (chimique, biologique, radioactive et nucléaire)", a-t-il ajouté. De son côté, le directeur d'Europol a estimé qu'une telle attaque était imminente. "La plupart des experts ne se demandent pas s'il y aura un attentat, mais quand (il aura lieu) et par qui (il sera perpétré)", a-t-il expliqué à Reuters. "C'est une menace pour l'Union européenne, pour (ses) institutions et (ses) citoyens", a précisé Storbeck"
Plus récemment, en avril 2004, des experts de l'OTAN et de l'Union Européenne ont réalisé une simulation appelée « Aurore Noire » (Black Dawn) afin d'évaluer les risques d'un attentat nucléaire visant le quartier général de l'OTAN situé près de la capitale belge. Plus de 50 personnalités de 15 pays y ont participé : Javier Solana, le responsable de la sécurité de l'Union Européenne, son nouveau coordinateur pour le contre-terrorisme, Gijs de Vries, le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer, l'ancien sénateur américan Sam Nunn, des ambassadeurs de l'Union Européenne, des militaires de l'OTAN, des administrateurs de l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique, d'Interpol et d'une dizaine d'autres organisations. La simulation, organisée par Solana et Scheffer, avait pour but de sensibiliser les responsables européens à la possibilité d'une attaque nucléaire sur une ville du continent.
Dans la première partie du scenario, il fut demandé aux responsables européens leur réaction s'ils apprenaient qu'Al Qaeda avait obtenu suffisamment d'uranium hautement enrichi pour construire une bombe atomique.
Dans la seconde partie, il leur fut montré des présentations informatiques et vidéo illustrant l'impact d'une attaque terroriste près du quartier général de l'OTAN dans la banlieue de Bruxelles, qui tuerait ainsi 40.000 personnes, enverrait des centaines de milliers de blessés dans les hôpitaux, paniquerait l'Europe entière et plongerait l'économie mondiale dans le chaos. « Une fois que vous êtes dans cette phase, il n'y a pas de bonnes solutions », affirma Michèle Flournoy, conseillère au Centre des Etudes Stratégiques et Internationales, qui avait participé à la préparation de la simulation.
L'ex sénateur américain Sam Nunn, qui avait lancé en 1991 un programme de 10 millards de dollars pour détruire et récupérer des armes de destruction massive en Russie et dans d'autres républiques ex-soviétiques, a réclamé une mobilisation et une coordination sans précédent de la communauté internationale pour faire face aux nouveaux défis du terrorisme nucléaire.