Histoire du terrorisme bactériologique

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L'histoire du terrorisme bactériologique est tout aussi longue que celle du terrorisme chimique, mais demeure plus discrète. S'il n'y a pas d'analogie avec l'essor des sciences chimiques au XIXème siècle, qui ont permis la synthèse d'agents chimiques inédits, les progrès de la biologie et de la médecine ont permis l'exploitation systématique des armes bactériologiques..

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Grecs et Romains : dans l'Antiquité, on faisait parfois usage des cadavres de morts par maladie pour contaminer les réserves en eaux des cités adverses.

Au Moyen-Age : En 1346, pendant le siège de la ville de Kaffa, en Ukraine, des corps de soldats Tatars morts de la peste furent catapultés dans la ville assiégée. Cette dernière devient bientôt ravagée par la maladie et se rendit. On estime que cet épisode fut le point de départ de la Grande Peste du XIVème siècle. Les échanges commerciaux reprendant, le virus de la peste fut propagé dans tout le bassin méditerranéen, s'enracina dans les grandes villes et fit ainsi plus de 14 millions de morts.

Epoque moderne : A l'époque de la Guerre de Sept Ans, qui vit la ruine de l'empire français en Amérique du Nord, les britanniques donnèrent des couvertures infectée par le virus de la variole à des Indiens peu soupçonneux, ce qui fit de nombreuses victimes.

XXème siècle : En 1932, les japonais conduisirent une série d'expériences horribles sur les êtres humains dans la fameuse "unité 731" à Harbin, dans la Mandchourie occupée. Onze villes chinoises furent attaquées au bacille du charbon, du cholera, de la salmonelle et de la peste, notamment lors du retrait japonais à la fin de la guerre. En tout, au moins 10.000 personnes périrent.

Etats-Unis : les Etats-Unis initièrent un programme bactériologique offensif à Camp Detrick (aujourd'hui) Fort Detrick à Frederick dans le Maryland, en 1943. Dix ans plus tard, un programme défensif fut lancé. En 1969, les Etats-Unis avaient réussi à mettre au point des armes bactériologiques fondées sur les agents de la maladie du charbon, de la botuline, de la tularemia, de la brucellose, de l'encéphalite équine du Vénézuelé et de la fièvre Q. Ces armes furent détruites après l'arrêt des programmes offensifs par le président Nixon.

1972 : Convention des Armes Bactériologiques : interdiction est faite aux signataires de développer, produire, stocker, acquérir ou conserver des agents bactériologiques ou leurs vecteurs. La convention fut signée par les Etats-Unis.

En dépit de cette convention, le développement des armes biologiques se poursuivit clandestinement. Entre 1974 et 1981, une mystérieuse "pluie jaune" (mycotoxines trichotécènes) firent des miliers de morts en Asie du Sud-Est. En 1979, à Sverdlovsk, en URSS, au moins 66 personnes périrent après avoir inhalé du bacille de charbon mis en aérosol, libéré accidentellement dans une unité de recherche bactériologique.

Aujourd'hui, lla Chine et la Russie possèdent encore des armes bactériologiques, ainsi que les Etats-Unis (à usage défensif). On soupçonne l'Egypte, l'Iran, l'Irak, Israël, la Syrie, la Corée du Nord, la Corée du Sud, Taïwan et le Vietnam d'en avoir, et la Libye d'en vouloir. Le Canada, le Japon, la République Sud-Africaine, la France, l'Angleterre et les Etats-unis (stock offensif) ont abandonné le développement des armes bactériologiques et détruit leur stock.

Comme dans le cas des armes chimiques, ces armes furent mises au point par les Grandes Puissances, pour ensuite remplir les arsenaux du Tiers-monde et enfin ceux de diverses organisations terroristes.